Notre champ visuel et la perspective

Avant la perspective.

Le loup : un regard fascinant.

Jusqu’au 15ème siècle, il était difficile de rendre un effet de relief sur un tableau.
Les oeuvres étaient plates et répondaient à des critères établis de l’époque, particulièrement en matière d’oeuvres religieuses.
Différentes techniques étaient utilisées pour donner un semblant de profondeur. (il faudra que j’écrive quelque chose à ce sujet)
Mais c’est pendant la renaissance que la perspective géométrique a été expliquée grâce aux recherches de différents artistes-ingénieurs et en particulier celles de Brunelleschi qui est considéré comme l’un des précurseurs.

Si cette découverte a été relativement lente à voir le jour, c’est que le processus d’acquisition des images est relativement complexe.
C’est pourquoi, avant de parler de perspective, je vous propose de faire un petit détour au coeur de notre sens de la vision.

L’angle de vision.

L’angle de vision horizontal, c’est l’angle couvert sur un plan parallèle au sol par notre vision lorsqu’on fixe un objet droit devant soi.
On le détermine assez facilement en étendant les bras au niveau du regard et en les écartant jusqu’à trouver la limite à partir de laquelle on ne les voit plus.

L’angle de vision humain est de l’ordre de 180° (ou un peu plus suivant les individus), soit un demi-cercle.
Ce résultat est dû au positionnement de nos yeux à l’avant de notre visage.

La plupart des animaux qui ont les yeux positionnés sur les côtés ont un angle de vision proche de 360°, ce qui veut dire qu’ils sont capable de voir devant et derrière.

Nos ancêtres les gaulois craignaient que le ciel leur tombe sur la tête simplement parce qu’ils ne pouvaient pas le surveiller constamment du fait d’un angle de vision réduit. Cette théorie n’engage que moi.

On peut aussi parler de l’angle de vision vertical qui est d’environ 30° vers le haut et de 45° vers le bas.
Cette caractéristique est moins importante pour l’être humain que pour un insecte par exemple.

En effet, notre mode de vie terrestre terrestre nous expose à des événements (dangers) situés principalement sur un plan horizontal.

Sauf pour les Gaulois qui avaient peur que le ciel leur tombe sur la tête…
De toute façon, il n’y avait aucune échappatoire possible.
Ce qui prouve que la nature est vraiment bien faite.

 

L’acuité visuelle

Nous prenons donc pour acquis que notre champ visuel est de 180°.
Mais déjà à ce stade, les choses commencent à se compliquer un peu.

Commençons par un petit test.
Fixez la première lettre de cette phrase et sans bouger votre regard, essayez de percevoir combien de mots vous êtes capable de discerner avec certitude.
Pas beaucoup, 3 au plus.
En fait, la vision humaine n’est précise que dans un cône de 3°, au delà, ses performances diminuent à mesure que l’objet est situé vers la périphérie de l’angle de vision.
Voici un graphique extrait de Wikipédia.

Rheto [CC BY-SA 3.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)]

Le maximum de l’acuité visuelle se situe dans la zone centrale des 3°.
Puis vient une zone de lecture de +/- 10° que nous avons constaté dans notre expérience.
Un rapide calcul nous indique qu’en se plaçant à 50cm, nous discernons les caractères sur une largeur de 17 cm.
Pour les matheux, un peu de trigo : 50cm x sin 10° = 50 x 0,1736 = 8,5 cm de part et d’autre.
A titre personnel, je trouve que c’est beaucoup.
Mais je n’ai pas non plus une vue exceptionnelle.

Au delà, on parle juste de reconnaissance de symboles, puis simplement de discrimination des couleurs, etc.
Je vous laisse découvrir le schéma par vous même, et si cela vous intéresse, de lire l’article complet.

Une autre chose importante ne figure pas sur ce schéma : c’est la perception du mouvement.
Cette faculté qui était une garantie de survie pour nos ancêtres est encore utile à notre époque surtout quand on circule sur une route.

Faites l’expérience en écartant vos bras et en remuant vos doigts, vous constatez que la dernière chose que vous percevrez encore à la limite de notre champ visuel, c’est le mouvement de vos doigts.
C’est donc dans la perception du mouvement (du danger et de l’imprévu) que réside l’intérêt d’un champ visuel large.

Le cerveau reste maître d’œuvre.

Comment se fait-il que malgré un oeil aussi assez peu performant, nous avons l’impression de voir tout de façon bien nette ?

En réalité, la réponse est très simple : l’organe le plus important de notre vue, ce n’est pas l’oeil, c’est notre cerveau.

L’oeil en lui même n’est qu’une lentille qui fournit une image très partielle de notre environnement.
A l’heure actuelle, les transplantations d’oeil sont impossible, pas à cause de la complexité de l’oeil, mais à cause de la complexité de tout ce qui se trouve derrière : le nerf optique et le cerveau.
Si on savait comment tout cela est connecté, un oeil artificiel serait envisageable.
Mais pour dire les choses simplement, on n’a pas encore réussi à sélectionner les bons câbles et on ne sait pas vraiment comment tout cela est branché.

La simple observation et les études scientifiques poussées nous le prouvent : toute la magie de notre vue, c’est le cerveau qui en est le maître d’oeuvre.
Quant au cerveau, il nous crée bien des surprises.
A suivre donc…

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