Pour ou contre les grilles de dessin ?

Depuis que j’ai commencé à travailler sur la programmation de NetGrid pour créer des grilles de dessin, j’ai fait beaucoup de recherches sur le sujet.
Cette technique a été utilisée par des artistes illustres comme van Gogh, elle a été défendue et conseillée par d’autres comme un outil essentiel pour les débutants.
Mais pourquoi certains sont contre son utilisation ?

Donc, j’ai beaucoup consulté les arguments des anti-grilles.
C’est sur un site italien que j’ai trouvé la liste la plus complète des arguments contre les grilles.

Pour ma part, je pense que comme toutes choses, l’exagération dans un sens ou dans l’autre est toujours dangereuse.
La vie est faite de nuances.

Je vais donc tenter de répondre à cet article, dont l’auteur a plus 50 ans de métier et plus de 10 ans d’enseignement du dessin (Una opinione basata su cinquant’anni di mestiere e più di dieci anni di insegnamento forse ha qualche valore).
C’est pourquoi je vais le faire avec une certaine humilité.

Notre perception des erreurs est innée.

Je l’ai déjà écrit dans un autre article : nous ne sommes pas tous des artistes, mais nous sommes tous capables de percevoir une perspective ratée ou un visage maltraité.
Simplement parce que notre cerveau est habitué à percevoir un environnement géré par des règles naturelles et qu’il s’attend à retrouver ces mêmes règles dans un dessin ou une peinture.
C’est pour cette raison qu’on est capable de percevoir des propres erreurs intuitivement et qu’on peut abandonner en pensant à tort qu’on n’est pas doué pour le dessin.

La notion de talent est un piège pour le débutant.

Le débutant n’a pas l’expérience et n’a pas la capacité immédiate de respecter correctement ces règles de perspective, anatomie, ombres etc.
Ce qui fait que beaucoup de personnes se découragent très vite et abandonnent.
La raison principale, c’est qu’on attribue au dessin la notion de talent.
On conçoit très bien qu’il faut des heures d’apprentissage pour jouer une sonate de Mozart, mais on s’imagine que pour bien dessiner, il suffit d’avoir du talent.
En dessin aussi, il faut travailler.
Quand j’ai montré mes premiers dessins un peu élaborés, on m’a dit immédiatement : tu es doué pour le dessin.
Alors que ma formation technique m’avait juste donné quelques notions de perspective.

L’utilisation des grilles évite de se décourager.

Pourtant, quand j’ai commencé à dessiner, mes premières esquisses étaient tout simplement affreuses. Malgré quelques connaissances de base en perspective.
Tout partait de travers. Je ne suis pas expert, mais mon cerveau me disait bien que quelque chose ne fonctionnait pas.
Alors, je me suis tourné vers la technique des grilles.

Pour mon premier essais, j’ai choisi une photo coup de coeur sur Florence.
J’avoue que j’ai mis la barre un peu haut pour un début.
J’ai travaillé ce dessin pendant sept heures. Il est sale et pas fini, mais je n’ai jamais osé le terminer et repasser à l’encre. Il est resté brut, dans son jus comme une belle victoire.

Bon, ce n’est pas un chef d’oeuvre, mais je l’ai réussi, et c’est grâce à la grille.
Sans elle, j’aurais vite abandonné.

Utiliser les grilles intelligemment.

Bien sûr, vous remarquerez que la grille que j’ai choisie est assez large.
Je n’ai pas fait du point par point. Je n’ai pas décalqué.
C’est la règle de base absolue.
C’est seulement à cette condition qu’il est possible de réfuter les arguments qui suivent.
Faire un quadrillage serré et reproduire point par point comme on le voit trop souvent est une erreur absolue.

Mais alors : pour ou contre les grilles ?

Revenons donc aux soi-disant défauts de la grille.
Ces arguments proviennent du site italien circolodarti très bien fait par ailleurs.
Je les ai classées par familles parce que certains sont à peu près identiques.

argument 1 – Faire de l’art ne signifie pas de faire une copie exacte.
argument 2 – Empêche l’interprétation artistique libre en utilisant l’exagération et bloque la liberté d’expression.
Tout à fait d’accord, mais avant de faire de l’art, il faut déjà apprendre les règles de base.
Faire de l’improvisation au piano sans avoir appris ses gammes ni interprété des morceaux d’après partition, c’est pas non plus la bonne méthode.

argument 3 – Utiliser une grille contraint à copier une photo.
argument 4 – Est-ce que la copie d’un sujet photographique est de l’art ou de la reproduction ?
La copie, c’est la base de l’apprentissage.
En musique, on interprète avant d’improviser ou même de créer.
Même l’improvisation n’est pas de la création pure. Voir les techniques d’impro en jazz.
Et l’avantage de la photo, c’est qu’elle nous donne un point de vue de l’observateur unique. Il n’y a pas le risque de bouger pendant l’exécution du dessin. Qui est une difficulté supplémentaire quand on travaille sur un modèle réel. J’ai écrit un article sur ce sujet.

argument 5 – Utiliser une grille empêche d’apprendre les règles de la perspective linéaire.
argument 6 – Une grille empêche l’apprentissage du dessin constructif.
Mais qui vous empêche d’apprendre ces règles ? La grille ?
La grille est juste un outil. Elle n’a pas de volonté.
Elle ne vous interdit pas d’être curieux.
Au contraire. Si vous l’utilisez intelligemment comme support, elle met justement en lumière les problèmes de perspective et d’anatomie.
On ne trace pas un trait sans avoir compris le pourquoi. C’est la deuxième règle.
Pourquoi ce trait va vers le bas alors que celui là va vers le haut alors que ce sont des horizontales ?

argument 7 – Impossible de comprendre les proportions du corps humain.
argument 8 – Avec les grilles, on n’apprend pas l’anatomie humaine.
C’est la même chose que pour la perspective.
Pourquoi mon oeil fait bizarre ?
Pourquoi ma main est de travers ?
Là encore, la perspective est à l’oeuvre, mais la connaissance de l’anatomie viendra compléter notre expérience et notre technique. Elle est incontournable !

argument 9 – Difficile d’apprendre à rendre les émotions humaines.
Il faut du temps avant rendre un portrait expressif.
D’ailleurs, il est plus facile de s’exercer sur un visage inconnu que sur une personne proche.
On est moins déçu pas les écarts d’interprétation.
Sur une caricature, c’est assez facile. Sur un portrait, c’est une autre histoire.
Même la grille n’apportera pas la solution.
Il n’y a que l’expérience, l’apprentissage, l’observation et le travail pour y arriver.
Et si vous voulez décourager un débutant, commencez par lui demander de faire un visage expressif..

argument 10 – Cela empêche de développer la capacité de juger les angles à l’oeil.
argument 11 – Rend difficile le développement d’une bonne capacité au dessin à main levée.
Là encore : apprentissage, observation, travail et expérience.

argument 12 – Enferme l’artiste dans un processus exclusif de copie duquel il devient difficile de se libérer.
C’est à lui de savoir s’il veut se laisser enfermer ou progresser.
De toutes façons, il se rendra bien vite compte que s’il utilise les grilles uniquement pour décalquer, il ne progressera pas.

Je suis pour l’usage des grilles intelligentes.

Maintenant, reste à savoir ce que chacun veut faire de ses crayons, de son temps et quel objectif chacun se définit.
On ne dessine pas forcément pour en faire un métier, mais bien souvent pour se faire plaisir.

Quant à l’utilisation des grilles, elle est une aide précieuse pour éviter les erreurs de débutant .
Elle n’exclut pas le dessin intelligent.
C’est juste un support de plus pour faciliter l’esquisse et le respect des proportions.

NetGrid pour vous concentrer sur votre dessin.

Dans cette liste, il y pourtant un défaut qui n’a pas été cité.
Je l’ai trouvée sur un site français.
Et c’est certainement le défaut le plus important. Je cite :
Ca demande une étape de calcul supplémentaire qui n’a rien à voir avec le dessin et ton attention est détournée de ton véritable objectif : le modèle.
C’est vrai. Bien que la technique de calcul soit simple, elle n’est pas évidente à mettre en oeuvre du premier coup. Il suffit de regarder les questions sur les sites spécialisés.
Si on y passe trop de temps, on y perd le plaisir de dessiner

Faites-vous plaisir avec NetGrid.

Au début, j’ai utilisé Photoshop, puis Illustrator, mais je devais toujours faire des calculs et des cadrages fastidieux.
C’est pour cette raison que j’ai créé NetGrid.
Pour ma propre utilisation, puis pour mon propre plaisir : la programmation est aussi un de mes passe-temps.

Je suis donc heureux de vous en faire profiter.
Et comme disent nos amis d’outre-Manche : Enjoy !

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