Des repères pour réussir vos photos

Réfléchir avant de déclencher.

pixabay - libre de droit

La photo à l’ancienne.

La photo est devenue pixel.
A quelqu’un qui dessine, on posera facilement la question « qu’est ce que tu dessines ? ».
C’est assez naturel et ça ne choque personne.
Mais à quelqu’un qui prend une photo, il ne vous viendra pas à l’idée de lui demander ce qu’il photographie.

Ceci est révélateur de notre mode de consommation de la photo.
Nous sur-consommons tous du méga-pixel à outrance sans nous poser trop de questions

Quand la photo avait un coût, on réfléchissait avant d’appuyer sur le bouton.
Les soirées diapo (pour les juniors, voir Wikipédia ) , souvent interminables et ennuyeuses, avaient un certain charme. On se donnait des airs de pros de la photo.
Elles ont été remplacées par des clés USB connectées sur grand écran qu’on laisse défiler à l’heure de l’apéro (ou par Wifi, en attendant l’évolution technologique suivante).

Il en est advenu de la photo un peu comme pour la musique.
Elle est un bruit de fond supplémentaire, presque un parasite qu’on ne perçoit même plus et que notre cerveau a pratiquement occulté.
L’image n’a plus beaucoup de valeur. Elle s’est transformée en pixels.
Nous nous sommes laissés noyer dans les mégas, les téras et bientôt les hepta-machins.
Je ne m’en plaindrai qu’à moitié, au regard des possibilités phénoménales que nous offrent les nouvelles technos. D’ailleurs, j’ai aussi la gâchette un peu facile.

Pourtant, si vous voulez reprendre le contrôle sur la frénésie ambiante, essayez, juste sur quelques prises de vues, de réfléchir un peu avant de déclencher.
Le matériel importe peu. La plupart des smartPhones ont des qualités dont on ne rêvait même pas il y a 10 ans.
Et si de « réfléchir un peu », vous passez à « beaucoup » et « souvent », c’est que vous aurez pris le virus de la photo.
Et ça, ça ne se soigne pas, mais c’est assez jouissif.

Bon, je ne vous embête plus avec mes états d’âme et laissez moi vous parler d’un défaut courant en photo :

Une photo a besoin de repères

Mettez des repères visuels à vos photos.

Ce manque de repère on peut l’expérimenter lorsqu’on photographie une vallée.
Le ciel est magnifique, la vue est superbe et vous pensez faire LA PHOTO de vos vacances.
Vous en prenez 3, 4 ou même 10. Les giga-octets ne coûtent rien.
Vous auriez réfléchi un peu plus si vous aviez dû payer le développement du film et les tirages papier.
Mais ça, c’était du temps des dinosaures.

Au retour des vacances, apéro-photos avec les amis.
Et malgré un écran gigantesque, 55″, full HD ou même 4 ou 8K, rien n’y change, le résultat est …… minable.
On dirait une forêt prise avec un Instamatic Kodak (encore Wikipédia et si vous ne connaissez pas, vous n’avez rien perdu).
Aucun effet de profondeur, on ne ressent aucun relief.
Il ne vous reste plus qu’à dire « bof, ça rend rien en photo ! ».
Et pourtant, c’est de votre faute, vous aviez tout pour réussir.
Les conditions atmosphériques, un paysage de rêve et tout le matos dernier cri.
Vous n’avez oublié qu’une seule chose. Mettre un repère sur votre photo.

Recardez cette photo de cascade.


C’est la photo souvenir type que tout le monde a déjà prise.
On n’a aucune idée de taille ni de relief, a part quelques arbres malingres qui servent de pseudo décor.

 

 

 

 

 

Voici une deuxième prise, du même endroit.
Le premier plan qui donne déjà une autre idées de la profondeur.
Mais ça fait quand même un peu fouillis.

 

 

 

Pour finir, voici le cadre entier. Avec tous les repères.


La route donne une bonne idées de la taille de la cascade. Ce n’est pas les chutes du Niagara, mais on ressent bien qu’il vaut mieux ne pas s’approcher trop près du gouffre.
Le choix d’un format vertical accentue également d’effet de hauteur, contrairement au format horizontal de la photo 2.

Bon, c’est vrai, on peut mieux faire.
C’est loin d’être une photo de pro, de toutes façons je ne suis pas un pro.
On peut mégoter sur le centrage, les contrastes et pas mal de choses.
Les conditions d’éclairage n’étaient pas idéales, j’aurais dû venir à un autre moment de la journée, etc, etc. Et comme c’est pas près de chez moi, je n’y retournerai pas de si tôt.
En fait, c’est le meilleurs exemple que j’avais sous la main pour illustrer cet article.
Encore une fois, c’est l’idée qui compte.

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